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49-3 et état d’urgence sociale

mercredi 11 mai 2016

Hier le gouvernement Valls sous la houlette du Président de la République a fait la dramatique démonstration de son isolement. Désormais enfermé dans sa logique bonapartiste chacune de ses décisions conduit à creuser un peu plus la défiance populaire vis-à-vis du pouvoir et de l’ensemble du système politique. Après sa défaite sur la question de la déchéance de la nationalité et en absence de majorité politique et sociale, cette logique le conduit à la décision du recours au 49-3. Si celui-ci a déjà été utilisé par différents gouvernements, il est rare qu’il le soit tout à la fois contre les députés et en même temps contre les mobilisations sociales. Il s’agit tout à la fois d’un déni de la réalité du pays et d’une volonté désespérée de faire preuve de fermeté par le recours à la force. Ce faisant ce pouvoir n’en apparaît qu’encore plus isolé et fragile. Ceci à tel point que désormais il est préférable d’utiliser les guillemets et d’écrire ce « pouvoir ». Car que lui reste-t-il des attributs du pouvoir ? Si le droit constitutionnel est de son côté chacun sait que celui-ci ne vaut qu’à une condition : la reconnaissance de sa légitimité à exercer le pouvoir et à prendre des décisions. Or cette légitimité, sondage après sondage, manifestation après manifestation, affaire après affaire, reniement après reniement, n’existe plus. Le pays est désormais entré en état d’urgence sociale. Hier soir à Grenoble nous avons assisté à un fait radicalement nouveau : en quelques minutes des centaines, des milliers de personnes descendent dans la rue pour contester la décision du gouvernement. Si la violence explose dans cette situation elle est la réponse, la conséquence de la brutalité de Valls. Les vrais casseurs aujourd’hui ne sont pas les énergumènes qui s’en prennent à quelques biens au cours de manifestations dont l’immense majorité des participants n’est pas là pour casser mais, et il est grand temps de le dire haut et fort, les vrais casseurs sont au gouvernement !

Il est plus que temps que ce gouvernement parte. Il est indispensable de voter la censure. Ceux qui ne le feraient pas prendront la responsabilité du maintien au pouvoir d’un gouvernement dont plus personne ne veut. Et ils porteront aussi la responsabilité des affrontements de rue, conséquences inévitables de la crise de régime dans laquelle nous sommes entrés.


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