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Hébergement d’urgence : une droite départementale de… droite, fidèle à elle-même, et un gouvernement sur la même ligne

mardi 3 mai 2016

Après l’évacuation du 113, la semaine passée la question majeure en suspens était la prise en charge des 2 familles qui avaient été hébergées à l’hôtel par le CCAS pour 2 nuits. Lors de l’évacuation, l’État avait décidé de ne prendre en charge que 2 des familles présentes. Le fait que le CCAS intervienne sur 2 autres tenait à la situation mardi soir où tout le monde était dans l’espace d’accueil… Le fait est qu’un des ménages est constitué de 2 parents de 19 et 22 ans, avec 2 enfants de 6 mois et 3 ans. N’ayant pas répondu à la démarche de diagnostic social leur situation n’était pas connue de l’État . Le CCAS a donc décidé de relancer celle-ci lundi. Mais il faut maintenant le faire accepter par la Préfecture alors que le Département a déjà dit non (sauf si le couple se sépare !). D’ici lundi, la famille reste à l’hôtel. Au delà des aspects visibles des situations des personnes, actuellement c’est donc un "combat" quotidien sur toutes les questions liées au séjour de ces personnes étrangères à Grenoble : la Préfecture refuse d’étudier des dossiers d’hébergement d’insertion pour des "motifs de police" jamais validés ou expliqués, alors que d’un point de vue social tous les éléments peuvent être au vert, Préfecture/DDCS décident de l’arrêt des financements des personnes dans les structures d’hébergement dès qu’une OQTF est transmise et cela indépendamment de la situation sociale et d’insertion du ménage. Les structures d’hébergement, si -comme elles le désirent- elles maintiennent les personnes sur place, se retrouvent donc en grande difficulté financière dans cette situation.
C’est l’engagement légal de continuité de l’hébergement qui est en jeu ! Et pour tout commentaire, les services de l’État disent : "c’est à vos risques et périls" !!
De son côté le Département n’est pas en reste dans la politique inhumaine. Il a arrêté les aides financières aux familles en situations irrégulières, dont les étrangers de l’Union Européenne au prétexte qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins (ce qui est effectivement malheureusement les termes du droit au séjour). C’est donc autour des associations caritatives de se retrouver en grande difficulté. Elles voient ces familles arriver depuis un mois, sans pouvoir leur donner plus, puisqu’elles venaient déjà auprès d’elles ! Les frigos se vident… En contact avec les associations, le CCAS cherche les moyens d’une intervention collective très prochainement. Malheureusement l’action est nécessairement limitée car en dehors de quelques éléments qui sont de ressorts locaux la responsabilité en incombe à l’État et au Département. Et là, il faut bien le reconnaître, l’État et le Département n’ont vraiment rien à faire de ces personnes…

Alain Dontaine
3 mai 2016


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