logo PG38
Nous n’occupons pas pour occuper. Nous occupons pour atteindre des objectifs politiques. Frédéric Lordon.

Accueil > Contributions

La bulle mondiale de l’argent fou en gonflant…

vendredi 11 mars 2016

Article rédigé par Bernard Doidy

La bulle mondiale de l’argent fou en gonflant entraîne automatiquement l’abandon des états providence. C’est la condition même pour spéculer librement : rien ne doit être protégé , les acquis sociaux ralentissent la compétition dont le but n’est pas seulement de gagner de l’argent , il consiste surtout à éliminer des concurrents. Bien sûr qu’ils allaient vouloir supprimer le code du travail ! C’est un jeu de massacre d’où sont absentes par principe les règles d’équité , puisque il faut se montrer plus fort que les autres, on ne peut pas les considérer comme des égaux !

Les acteurs et les observateurs de ce jeu sont fascinés par ce combat sauvage au point de ne plus se souvenir que ça n’a pas toujours été comme ça , et donc que ça pourrait redevenir autrement.

Pour que les règles du jeu changent et remplacent l’envie de vaincre par l’envie de partager , aucun argument rationnel ne peut activer une sonnerie de réveil dans les consciences . Le bruit doit être assez fort pour interrompre ce qui est perçu comme un mouvement perpétuel. Cela ne peut être une parole, ça doit être un cri .
Sinon, cela veut dire qu’ Edgar Faure avait raison quand il a dit "l’immobilisme est en marche, rien ne pourra l’arrêter".

Le peuple , de qui on espère tant , est maintenu dans une espèce d’apathie , où seules des sentinelles sont en alerte , une servilité généralisée à l’égard de la pensée dominante s’est substituée à l’instinct de conservation.
Pour le moment l’ultra libéralisme n’a pas de soucis à se faire , le cri des sentinelles passe inaperçu mais il y a comme une impression de changement de pression.
La démocratie représentative et ses lents et laborieux procédés pour garantir le fonctionnement de la société est dépassée par la vitesse d’adaptation des spéculateurs. Ces derniers après l’avoir provoqué, dénoncent donc sa trop grande inertie afin de pouvoir lui prêter de moins en moins d’attention .

Faire confiance aux procédures démocratiques , pour faire échec au processus de dévaluation permanente des principes sur lesquelles elles s’appuient , semble donc relever de la stratégie du veau plutôt que de celle du boucher.
Fort de ce constat , les citoyens qui devinent sans doute le danger mais dont la voix ne porte pas, doivent trouver une solution avant d’être épuisés.

Est­-ce que le 9 mars a ouvert la voie ? La réponse sera connue bientôt.
Les gens s’adressent aux dirigeants avec des mots sincères : "Je veux que vous disiez la vérité", "je réclame votre assistance pour ceux qui souffrent", "comment pouvez vous promulguer des lois iniques, on vous demande de les retirer"…

Trop souvent les protestations se transforment en négociations qui servent de prétexte à des compromis intéressés pour les représentants du peuple. Ils sont aussi tentés par la condescendance parce qu’ils ont une meilleure connaissance des enjeux et des stratagèmes que le commun des mortels pour s’y retrouver dans ce champ de bataille.

Le candidat de la France insoumise a tenté beaucoup de choses avant cette dernière étape, il tente maintenant de donner à son rôle au sein de la démocratie représentative une dimension supplémentaire , à l’intention de ceux qui ne croisent pas d’habitude le chemin des cortèges officiels .

Pour nous libérer du libéralisme , de la pression qu’il exerce depuis 30 ans sur notre résistance, le chemin de l’insoumission doit-­il être suivi ?

Je réponds oui, et j’espère que nous allons ensemble parler de ce que cela veut dire, concrètement.

Mars 2016
Bernard DOIDY


Une réaction ? Contactez la rédaction