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Vu d’ici : Ecopla vivra !

dimanche 31 juillet 2016

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Une usine vendue puis achetée plusieurs fois par des actionnaires de l’autre bout du monde, puis par d’autres qui jouent avec la trésorerie de l’entreprise pour finalement la conduire vers le redressement judiciaire. Tout le monde à un nom en tête tellement ce scénario se répète comme un leitmotiv…

L’entreprise Ecopla située à Saint Vincent de Mercuze (1400 hab.), dans la vallée du Grésivaudan, en Isère est la dernière en France à fabriquer des moules en aluminium, leader européen dans ce secteur. Malheureusement, Ecopla est mise en liquidation judiciaire après sa faillite savamment organisée par la finance internationale.
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Les salariés voulant garder leur outil de travail luttent depuis des mois pour redémarrer l’usine en la transformant en SCOP. Lors de la session du 7 juillet le groupe du Rassemblement, Citoyens Ecologistes et Solidaires par la voix d’Andrea Kotarac a défendu le projet des salariés d’Ecopla par un vœu (https://www.youtube.com/watch?v=AOHE9jewFHk).

Samedi 9 juillet, les salariés d’Ecopla reçoivent des membres de Nuit Debout pour leur faire visiter leur usine. Avant de commencer la visite, il nous informe que nous sommes là en toute illégalité. Illégalité depuis la décision du tribunal de commerce du 16 juin, qui a privilégié le rachat de l’entreprise par le concurrent direct d’Ecopla, l’italien CUKI. Ces derniers qui n’ont comme projet que de s’accaparer d’un monopole, des compétences, des connaissances et du savoir-faire d’Ecopla, ou de son matériel, pour 1,5 millions d’euros. Face à ce projet les salariés et leurs soutiens, eux, proposaient une reprise de l’usine en SCOP pour 2,5 millions d’euros et la sauvegarde des emplois. Ils n’ont pas eu gain de cause.JPEG - 105.6 ko

Ils ont évidement fait appel, mais cette appel n’est pas suspensif, ce qui veut dire que CUKI peut se rendre sur place et piller à volonté, tandis que personne autre ne peut légalement accéder aux lieux. Malgré tout, les salariés occupent toujours courageusement leur usine et la font visiter à qui souhaite soutenir leur lutte pour expliquer leur métier, leur décrire leur savoir-faire unique. (photo de toi dans l’usine en visite).

Samedi 16 juillet, nous étions une vingtaine de Nuit Debout Grenoble, de militants politiques, d’élus locaux… Bref de citoyens engagés à avoir fait le déplacement pour témoigner de leur solidarité. La journée s’est déroulée sans encombre. Les salariés ont raconté leur aventure avec passion et conviction. Leur projet de SCOP est sérieux, solide, préparé et organisé. Rien ne s’oppose à ce qu’il se concrétise. Sauf la justice, qui en ce lundi 18 juillet les a convoqués au tribunal de commerce de Grenoble afin de statuer sur leur appel. Une cinquantaine de personnes est venue les soutenir. Au final, il faudra attendre septembre pour savoir si l’appel est recevable. En attendant, cet appel n’est toujours pas suspensif, ce qui veut dire que les Italiens peuvent prendre les machines à tout moment. Par conséquent, l’usine doit être occupée tout l’été afin que les machines ne partent pas de l’autre côté des Alpes. Pas de vacances !

Les italiens du groupe CUKI ont clairement expliqué à l’audience que la seule chose qui les intéressait était le fichier client de leur concurrent Ecopla. Preuve que la finance internationale ne se soucie pas des ouvriers, techniciens et ingénieurs, de leur famille, qui travaillent et vivent depuis des décennies dans cette usine, et dans ce village.
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Et oui, encore et toujours cette logique absurde de la finance, car Ecolpa est leader dans son domaine. C’est ce que nous a expliqué et montré Christian Chevalier lors de la visite car l’usine : c’est 10 000 m², 250 outils pouvant fabriquer plus de 800 produits différents. C’est aussi un laboratoire pratiquant de la recherche et du développement.

Un certain nombre de plats ne sont fabriqués qu’à Ecopla, comme le plat Saint Amour (coupé en 4 parts semblables à des cœurs). Ce plat est destiné à un de leur client, qui fabrique un gâteau au fromage et à la framboise, qui d’ailleurs est en attente de sa commande. Les fournisseurs n’attendent donc qu’une chose, que l’usine redémarre. D’ailleurs, ces fournisseurs, contents du savoir-faire de l’usine, soutiennent le projet de SCOP et se sont engagés à continuer de travailler avec les ouvriers.

Au final, comme le premier jugement du tribunal de commerce, le refus du procureur de faire appel (par l’intermédiaire du ministre de l’économie, E. Macron) semblent invraisemblables car allant dans le contre-sens de la défense du savoir faire français, de l’emploi et de la survie de nos territoires, nos villages, nos vallées industrielles.

Le projet des salariés est viable économiquement, concret, accompagné par les habitants, les élus et les fournisseurs….L’histoire Ecopla doit continuer, Ecopla vivra.
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